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Bilan final

Le projet CORELPA (Corpus électronique des lettres des papes), soumis à l’ANR en 2006, consistait à achever la numérisation des analyses et des éditions de quelques 250.000 lettres des papes du XIIIe et du XIVe siècle actuellement conservées à l’Archivio segreto vaticano (Regesta vaticana et avenionensia) et concernant toute l’Europe.

Produites par les érudits de l’Ecole française de Rome et du CNRS depuis la fin du XIXe siècle, ces analyses et ces transcriptions ont commencé d’être rassemblées à partir de 1999 en une base informatisée nommée Ut per litteras apostolicas et diffusée par l’éditeur Brepols. En quatre ans (2007-2010), il s’agissait donc pour le CIHAM-UMR 5648 de Lyon d’achever cette numérisation et de transformer cette base de données d’un intérêt historique exceptionnel en un véritable corpus, utilisable par toute la communauté scientifique. Pour ce faire, on se proposait de lancer aussi, avec trois autres partenaires, certaines enquêtes complémentaires, capables d’éclairer l’évolution des formes diplomatiques des milliers de bulles conservées en originaux ou en copies (par l’IRHT-USR d’Orléans), l’efficacité des grâces pontificales en matière de politique bénéficiale (par le LAMOP-UMR 8589 de Paris), les transformations du gouvernement pontifical, notamment dans les terres soumises à l’Eglise romaine en Italie centrale, à Avignon et en Comtat Venaissin (par l’EA 3152 d’Avignon, qui a rejoint le CIHAM-UMR 5648 en 2010). L’Ecole française de Rome et Brepols Publishers étaient à nouveau étroitement associés à ce projet.

L’essentiel du programme a été tenu. En un peu plus de quatre ans, le CIHAM, grâce à l’équipe de chercheurs accueillie au Palais des papes et animée par L. Vallière, en liaison constante avec l’Ecole française de Rome et l’éditeur Brepols, a pu intégrer plus de 100.000 lettres supplémentaires dans la base de données. La 4ème édition, qui sera mise en ligne et éditée sous forme de CD-Rom à la fin de l’année 2011 comptera environ 250.000 lettres (voir le site de Brepolis). Un gros travail de lecture critique et d’uniformisation des données, une attention aux besoins des utilisateurs et une amélioration de l’interface ont rendu le corpus plus accessible et plus efficace. Parallèlement, l’IRHT travaillait à l’élaboration d’un protocole d’édition électronique XML-TEI pour les bulles pontificales mais surtout construisait le premier inventaire des bullaires français en s’interrogeant sur le genre du bullaire et sur ses formes diplomatiques spécifiques. L’équipe du LAMOP qui devait au départ croiser les données de Ut per litteras apostolicas avec celle de la base prosopographique des Fasti ecclesiae gallicanae a vu ce projet retardé pour des raisons extérieures au programme mais en a profité pour refondre le code du logiciel des Fasti puis construire une analyse spatiale des effets de la grâce pontificale en s’appuyant sur les 60.000 lettres du pontificat de Jean XXII (voir le site histoire de bulles). L’EA 3152 a proposé une édition efficace des fameuses Vitae paparum avenionensium de Baluze, qui éclairent les spécificités du gouvernement pontifical à Avignon tandis que deux autres enquêtes étaient aussi lancées, en collaboration avec des membres du CIHAM sur les lettres administratives et les lettres de justice.

Les moteurs de recherche attestent désormais la très large diffusion, dans le monde entier, via Brepols, de la base de données Ut per litteras apostolicas. Mais le travail des différents partenaires sur le corpus comme les travaux universitaires individuels (thèses, habilitations) qu’il a suscités témoignent de la fécondité du programme et orientent les prochaines étapes de l’enrichissement de la base (qui accueillera, sous une forme ou sous une autre, toutes les lettres secrètes et curiales de Jean XXII et les lettres de communes de Clément VI, encore inédites).

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